Tales : dans les coulisses d’un média qui fait rayonner la musique africaine
S’il y a bien un média qui est clairement une de mes sources d’inspiration et qui représente un des graals que je souhaite atteindre avec Gheeklychic le blog, c’est Tales. J’ai découvert Tales sur les réseaux sociaux il y a un petit moment. Étant moi-même une grande mélomane, j’ai tout de suite été attirée par l’univers de ce média. Il m’a donc semblé très naturel d’interviewer sa fondatrice, Olivia, que je vous laisse découvrir.
Coucou Olivia, comment vas-tu ? Pour commencer, pourrais-tu te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Coucou, je vais bien, et toi ? Je m’appelle Olivia, j’ai 29 ans. Je suis une Française d’origine camerounaise, par mes deux parents. Je suis passionnée par la musique africaine depuis de nombreuses années. Concernant mon parcours, je suis à la base spécialisée en marketing et communication.
D’où t’est venue l’idée de créer Tales ? Et pourquoi avoir choisi de te concentrer particulièrement sur la musique africaine ?
Honnêtement, je pense que c’était une évidence… mais que j’avais du mal à l’envisager. Toute ma vie, mes deux plus grandes passions ont été le football et la musique.
Le sport d’abord, parce que j’en ai fait entre mes 8 et mes 21 ans. Et la musique, parce que j’ai baigné dans des influences hip-hop, africaines et chrétiennes depuis toujours, que ce soit à la maison ou lors de fêtes.
J’accorde une grande importance au Cameroun, à l’Afrique et à tout ce qui touche à ma culture. Je vois ça comme quelque chose de naturel : j’ai toujours été attirée par ce qui vient de chez moi.
Je n’ai pas la chance de savoir chanter (ahah), mais j’ai toujours eu cette curiosité de découvrir de nouvelles chansons, de nouveaux rythmes, de nouveaux artistes. J’étais souvent celle qui faisait découvrir les tendances avant qu’elles explosent et qui révélait des artistes avant leur percée.
J’étais très attirée par le R&B, le rap et la pop des États-Unis et de la France, mais la musique africaine a toujours occupé une place immense dans mon MP3.
Au milieu des années 2010, avec YouTube, la télé et des chaînes comme Trace Africa, j’ai commencé à lui faire encore plus de place. Pas un jour sans écouter des artistes comme Fally Ipupa, Wizkid, Tiwa Savage, Fuse ODG, Sauti Sol ou Toofan… Je peux écouter des artistes de n’importe où. Le talent vient de partout sur le continent !
Avec les réseaux sociaux, j’ai continué à partager des liens, à créer des playlists et à commenter l’actualité musicale africaine. Mon entourage me disait souvent que ce serait une bonne idée de créer un espace dédié à toutes ces connaissances.
“J’accorde une grande importance au Cameroun, à l’Afrique et à tout ce qui touche à ma culture.”
Avec ton équipe, vous interviewez de grandes figures de la scène musicale africaine. Comment se déroule la préparation d’une interview, de la prise de contact jusqu’à la publication ?À l’heure où je te parle, Tale a réalisé plus de 20 interviews et j’en ai mené une quinzaine, donc il y a maintenant une routine.
Il y a plusieurs cas de figure pour la prise de contact :
- Les artistes qu’on contacte pour la première fois,
- ceux qu’on connaît déjà ou dont on connaît l’entourage,
- Ceux (ou leurs labels) qui viennent directement à nous.
Ensuite, le processus est similaire : on collecte un maximum d’infos sur l’artiste et son actualité, que ce soit via le press kit transmis ou ses réseaux sociaux.
Je regarde toujours au moins 5 ou 6 de ses dernières interviews vidéo pour comprendre les questions déjà posées, le ton, et avoir une idée de sa personnalité afin d’adapter ma manière de mener l’échange.
Toutes ces infos me permettent ensuite de créer une fiche personnalisée avec des questions principales et d’autres en bonus.
Est-ce que cette aventure avec Tales a changé ta manière de consommer ou même de percevoir la musique africaine ? Si oui, en quoi ?
Oui. En étant plongée dans cette industrie, je comprends mieux les artistes, leurs choix et leurs comportements.
Je dirais aussi que ça humanise encore plus les artistes : je pourrais rencontrer n’importe qui aujourd’hui sans être stressée ou particulièrement impressionnée.
Avec Tales, je travaille quasiment 7 jours sur 7, donc je dois garder un œil constant sur l’actualité… ce qui peut parfois me noyer la tête. Pour éviter la saturation, je prends parfois plus de temps avant d’écouter les nouveaux projets.
Et comme je reçois de la musique tous les jours par mail ou DM (ahah), je fais le tri pour écouter au moment où j’en ai envie et ne pas me sentir obligée.
« Le ciel est la limite. »
ll y a quelques mois, tu as partagé sur tes réseaux personnels avoir franchi un cap important en termes d’abonnés sur la page de ton média. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ce dernier ? Et qu’est-ce que cette expérience t’a apporté personnellement ?
C’est incroyable, parce que l’aventure ne fait que commencer. Avec mon équipe, on sait qu’il y a encore énormément à faire. Je leur dis souvent : « Le ciel est la limite. »
Je suis très ambitieuse, même si j’ai eu des périodes plus compliquées. Je suis reconnaissante pour tout ce que je vis et pour tout ce que je peux envisager.
J’ai toujours eu ce côté « cheffe de projet », dans mes études, mon travail ou ma vie perso. Tales, c’est une manière de matérialiser certains de mes rêves.
Et puis, rencontrer autant de personnes qui font rayonner la musique africaine, aussi rapidement… je ne m’y attendais pas !
J’ai quand même interviewé et/ou rencontré des artistes et personnalités de la musique comme Diamond Platnumz, Bien, Lojay, Narjes Bahhar, Oxlade, Flavour…
J’espère qu’on va continuer comme ça et passer le cap des 100k followers au total prochainement.
On a également constaté, comme partagé sur les réseaux sociaux, que Tales est en train d’amorcer un tournant important : changement de couleurs, recrutement en cours. Comment aborde-t-on, à ton niveau, la croissance de ton média et comment s’y prépare-t-on en termes d’organisation, de préparation de son équipe, etc. ?
Je pars du principe que pour atteindre les objectifs que l’on se fixe, il est indispensable de s’organiser en conséquence. C’est dans cet esprit qu’à la fin de l’année 2025, j’ai pris le temps d’une vraie introspection. J’ai revu l’ensemble des process mis en place et je me suis rendu compte que, pour le bien de Tales, il était nécessaire de repartir sur de nouvelles bases, ou du moins d’ajuster ce qui existait déjà, parce que j’aborde désormais la posture d’une cheffe de projets qui a déjà réussi.
Cela a commencé par l’identité visuelle. J’ai longtemps tout fait moi-même, avec l’aide de Solveig. En réalité, Tales en est déjà à son troisième logo. Le premier m’a permis de lancer le média et de me motiver à démarrer, le second visait à affirmer davantage notre identité. Mais avec le recul, aucun des deux n’était réellement marquant visuellement.
Pour amorcer la nouvelle étape que je souhaite pour Tales, il était important de construire une identité plus forte. D’où ce nouveau logo et ces nouvelles couleurs, afin de mieux ancrer le média dans l’esprit de nos followers et de ceux qui nous découvriront dans les prochains mois.
Ce travail s’est aussi accompagné d’une réflexion sur l’organisation de l’équipe. L’objectif est de proposer un contenu toujours plus qualitatif et plus fréquent, à la hauteur des ambitions du média. Il me paraissait donc essentiel de repenser notre fonctionnement pour gagner en efficacité, autant pour le développement de Tale que pour mon équilibre personnel et ma tranquillité d’esprit. Cela passe par une meilleure lecture des forces et des faiblesses de chacun, par une délégation plus intelligente et par davantage de créativité dans notre manière de travailler.
Est-ce qu’au milieu de tous ces projets palpitants et du temps que tu consacres à Tales, tu arrives à prendre soin de ta santé mentale et à dissocier Olivia de Tales Verse, et Olivia, la jeune femme, afin de profiter et de t’accorder des moments de détente ?
Au début, c’était plus simple, parce que j’étais seule et plus dans une démarche de blog. Il n’y avait pas réellement d’attentes, puisque je n’avais encore réalisé aucune interview, je n’avais pas créé de concepts et je postais de manière plus libre. Je n’avais pas rencontré les personnes que je côtoie aujourd’hui, ni reçu les retours positifs que j’ai désormais sur mon travail et mes ambitions.
Avec le temps, une équipe s’est formée, les responsabilités ont grandi et les échanges avec des artistes et des décideurs se sont multipliés. Forcément, cela a apporté une pression supplémentaire.
Il y a eu des périodes bien plus difficiles, avec des nuits compliquées, des échéances à tenir et un niveau de stress qui a fortement augmenté. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à revoir mes process et mon organisation. Je n’ai pas encore atteint la moitié de mes objectifs, même pas le quart, et pour pouvoir continuer à avancer durablement, il était indispensable que je sois mieux structurée et plus apaisée mentalement.
Ces dernières semaines, je me suis donc accordé davantage de repos. En fin d’année, j’ai notamment décidé de faire une pause avec la Tales Team et de passer plus de temps avec mes amis. J’ai vraiment pu en profiter, retrouver une certaine tranquillité et enfin souffler un peu. Parce que je me l’ai davantage autorisé.
Si tu pouvais t’adresser à la toi d’aujourd’hui, que lui dirais-tu ? Et à celle que tu seras dans 10 ans ?
À la moi d’aujourd’hui : je suis fière de toi parce que tu as enfin osé. Continue de travailler dur, avec sincérité et amour pour ta culture. Tout ça portera encore plus ses fruits et tu as raison de recommencer à croire en toi.
À la Olivia d’il y a 10 ans : ne t’inquiète pas. Tu continueras de progresser et tu lanceras un projet qui te tient à cœur.
Pour finir, qu’aimerais-tu dire à toutes les personnes qui te soutiennent et te suivent dans cette belle aventure, collaborateurs et followers de Tales inclus ?
Je voudrais sincèrement les remercier. C’est toujours gratifiant de voir son travail et sa vision recevoir du soutien.
J’ai reçu des messages de proches, mais aussi d’inconnus ou de followers qui m’ont donné le sourire. Je pense qu’ils ne se rendent pas compte à quel point leurs mots m’ont motivée, autant dans les moments où tout allait bien que dans les périodes plus compliquées.
Merci beaucoup Olivia.
Merci à toi pour cette interview.
Vous pouvez retrouver Tales sur :


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