De 2016 à 2026 : celle que j’étais et celle que je deviens
Ah 2016, l’année des post bad sur Insta, les ancêtres de nos baddies d’aujourd’hui, (j’étais très fan de Fanny Neguesha à l’époque 😆), le boom des réseaux, de « Controlla » de Drake, du dernier album de Rihanna et du SÉISME qu’a été « Work »… quelle époque, quelle era.
On dit que 2026 est le nouveau 2016. Cette perspective m’a donc donné envie de faire un peu la rétrospective de celle que j’étais à 16 ans et de celle que je suis 10 ans plus tard. Les souvenirs sont un peu flous, mais allons-y quand même.
Celle que j’étais en 2016…
Malheureusement, je n’ai pas retrouvé de photos de moi en 2016, ou plutôt, j’avais la flemme de chercher dans les profondeurs de mon ancien ordi, qui rame à mort, des photos de cette époque. Ce qui ne fait que conforter une résolution que j’essaye de prendre : me prendre un peu plus en photo afin de voir mon évolution au fil des années.
2016, quand j’étais en première
En 2016 donc, j’étais entre la 1re et la terminale. Vu la configuration du système scolaire béninois, 2016 a englobé une partie de chacune de ces classes. On va d’abord parler de ma première, puis de ma terminale. En 1re, je traversais plusieurs phases en même temps. Un souvenir vivace que j’ai de cette période, est que cette classe m’a donné une confiance en moi que je n’avais jamais connue avant. En effet, moi qui avais passé toute ma scolarité à être moyenne, voire très moyenne en classe, j’étais enfin parmi les premières de classe.
Ça a été un énorme coup de boost pour mon ego, car enfin, les comparaisons avec les autres se sont arrêtées et je sentais enfin le respect, que j’avais réussi à imposer en étant parmi les meilleures de ma classe. Cet épisode de ma vie, à long terme, a affecté mon rapport au travail et à la productivité, et c’est toujours le cas, car j’avais commencé à ce moment-là à baser ma confiance en moi sur mes résultats scolaires. Quand ceux-ci étaient à la hausse, j’étais pleine de confiance et, lorsqu’ils étaient moins bons, ma confiance retombait. Une jauge très malsaine.
J’ai fini par être consciente que ce mécanisme de fonctionnement n’était ni logique ni durable, mais j’avais encore trop de choses à me prouver à moi-même et à prouver aux autres, à tous ceux qui avaient douté de moi, qui m’avaient rabaissée, comparée, etc. Mon esprit de compétition et de revanche sur le passé était beaucoup trop fort à cette époque-là, et je n’avais pas l’ancrage en moi-même que j’ai aujourd’hui pour me détacher de ce type de validation extérieure. À ce moment-là, j’en avais besoin : j’avais besoin de prouver.
Parlant de confiance en soi, j’étais à la fois au sommet de ma confiance en moi, à la limite même de me sentir invincible et encore en train de me remettre de ma première dépression. J’avais encore des phases dépressives, mélangées à mon pic d’adolescence et de puberté.
Cette période de ma vie a aussi marqué le début de ma marche, encore non officielle à ce moment-là, avec le développement personnel. J’avais commencé à faire des efforts pour gagner en calme et mieux dominer ce que j’appelais “mon stress”, qui en réalité était de l’anxiété. Je ne le savais juste pas encore à l’époque. Un exercice marquant que j’avais commencé à faire à cette époque était d’apprendre à marcher moins vite. Voyez-vous, avant je marchais très très vite, ce qui était un signe de nervosité et d’impatience.
Globalement, je me sentais mieux que deux ans auparavant, j’étais plus au top et je commençais enfin à comprendre, a minima, le concept d’avoir confiance en soi.
Ohhhhh, un autre fait très marquant de cette période, qui a catalysé encore plus ma confiance en moi, a été de gagner mon premier concours littéraire. À cette époque, ma prof de français m’en avait parlé et m’avait demandé de le faire. J’en ai ensuite parlé à mes parents, qui m’ont dit que, vu que ma prof me le demandait, il fallait que je le fasse. Mes parents l’appréciaient énormément, et moi aussi, j’ai donc voulu lui faire plaisir et j’ai participé.
Ça a été une expérience particulière, d’autant plus que c’est un concours qui se passait devant un public (je ne l’ai su que le jour J, quand je suis arrivée sur les lieux). Certains de ceux qui concouraient avec moi s’étaient énormément préparés, alors que personnellement j’y étais allée au talent. J’avais juste lu le livre, qui était notre livre au programme à cette époque. Il s’agit du livre Les fantômes du Brésil de l’auteur béninois Florent Couao-Zotti.
J’y suis allée au talent, avec mon inspiration, et j’ai juste improvisé. Fidèle à ma nature de vouloir faire les choses différemment, je me rappelle qu’une des consignes du concours était de choisir un passage du livre qui nous avait marqués. J’ai donc choisi un passage où l’un des personnages principaux de l’intrigue, après s’être enfui avec sa dulcinée, commençait à réaliser l’impact de cette décision. Je savais que personne ne penserait à prendre un tel passage, donc j’étais sûre de faire la différence. Puis, une autre consigne du concours a été de faire une critique de l’œuvre.
Honnêtement, je n’avais pas de critique à faire, car j’avais ADORÉ ce livre. J’ai donc sorti le premier truc qui m’est venu en tête : j’aurais préféré une fin plus heureuse pour nos deux protagonistes. Pile au moment où je passais au micro pour émettre “ma critique”, l’auteur du livre en question est arrivé. Comment dire que c’était un peu délicat de critiquer une œuvre devant son auteur, mais bon, j’étais déjà dedans haha.
Je me rappelle également avoir eu un coup de stress énorme un peu avant de monter sur scène et que le concours ne commence, car l’enjeu était quand même majeur : je représentais mon école, avec une autre de mes camarades. Ce qui a fait qu’au départ je n’étais pas stressée, c’est que j’étais clairement delulu et que j’y allais juste pour le fun, sans savoir qu’il y aurait un public. Je croyais qu’il n’y aurait que les candidats, le jury, et la dame qui nous expliquait les règles avant le démarrage et qui nous a coachés un peu. Ce jour-là a également été une des premières fois, sinon la première fois de ma vie, que j’ai dominé mon stress au point de ne plus vraiment le ressentir. J’étais très fière de ça. Pendant longtemps, je n’en avais pas été capable et je ne m’en sentais pas capable.
Ce concours s’est soldé par ma victoire, à ma grande surprise et mon plus grand contentement. C’est un épisode qui a encore de l’impact sur moi aujourd’hui, car je me rappelle que mon lot était une pile de livres d’auteurs béninois. Ce lot m’a fait réaliser que, bien qu’à cette époque je lisais encore énormément, je n’avais pas lu beaucoup d’autres Africains. Cette pile de livres m’a permis de découvrir beaucoup d’auteurs béninois, dont un (dont je ne me rappelle même plus le nom) que je connaissais plutôt en tant que chanteur et acteur.
Cette pile de livres reçue a encore de l’impact sur moi aujourd’hui, car je ne lis quasiment que des auteurs africains maintenant. Je trouve que leur univers me parle plus et correspond à une réalité que je peux mieux comprendre et appréhender.
2016, quand j’étais en terminale…
Ma terminale a été une classe plus mouvementée en terme de confiance en moi et du fait que je basais cette dernière, sur mes résultats scolaires. À cette époque, mon ambition était de devenir la première de ma classe. La première de classe à cette époque, qui est une de mes meilleures amies (I love you so much babe if you pass by ❤️), était partie dans un autre pays, et je me suis dit que c’était ma chance d’enfin le devenir et de savoir ce que ça faisait d’être la 1ère, moi qui avais énormément souffert du fait d’avoir été comparée par le passé et qu’à une époque, on ne me croyait même pas capable d’atteindre ce niveau.
Mon année a donc démarré avec énormément de stress, ce qui a fait que mes notes n’ont pas réellement suivi au départ, ce qui me frustrait énormément. D’autant plus que j’étais le genre qui pleurait à l’époque quand j’avais de mauvaises notes (celles qui savent savent 🤣). Ça a été ma première introduction au fait que la confiance est un muscle qui doit se travailler et qui doit être au maximum, quand les choses vont bien et quand elles vont moins bien. Je me rappelle même avoir aussi raté l’occasion de voir l’ex-femme de Nelson Mandela, qui, de passage au Bénin à l’époque, avait fait un tour dans mon collège, un collège de filles uniquement (les Béninois qui passent par ici doivent savoir de quel collège je parle 🤭). Seules les 3 ou 4 premières de chaque classe, pour le 1er trimestre, avaient pu la rencontrer, et à ce moment-là, je n’en faisais pas partie.
J’ai finalement retrouvé mon niveau, mais ça m’a demandé un autre niveau de lâcher-prise et de patience, avec lequel je n’étais pas encore familière à l’époque.
2016 a clairement été une décennie amusante pour moi, pleine d’enseignements et de découvertes encore naïves de la vie, et surtout de moi-même.
Celle que je suis en 2026…
Aujourd’hui, je dirais que ma version actuelle a beaucoup de similitudes avec celle que j’étais en 2016.
Je suis en pleine reconstruction après un épisode de ma vie qui a affecté ma santé mentale, comme à l’époque (on y reviendra sous un autre format, stay tuned 😉).
La grande différence, c’est qu’aujourd’hui j’ai réellement confiance en moi et en ma capacité à rebondir après des épreuves. Je suis plus intentionnelle avec ma personne, avec ma santé physique et avec surtout ma santé mentale.
Je ne souffre plus de “people pleasing” et je dirais que pour mon plus grand bonheur, je suis dans ma “villain era”. Je porte aujourd’hui le genre d’énergie ou de force qui t’habite quand tu as survécu à tes pires épreuves seule, à qui que ce soit. Ça a donc complètement tué mon besoin de plaire aux autres ou de prouver. Aujourd’hui, je suis plus en phase avec moi-même, je me connais réellement, je continue d’en apprendre sur moi, mais je suis surtout en paix.
Me décharger de certains poids émotionnels que je portais m’a énormément fait du bien. Par rapport à 2016, je suis moins ambitieuse. Avant, je voulais atteindre les hautes sphères ; avec le recul, je pense que c’était une manière de compenser le fait que je ne me sentais pas assez. Aujourd’hui, je me sens vraiment bien dans ma peau, j’aime réellement ma personnalité et tout ce qu’elle représente, en bien comme en mal, et donc je suis plus concentrée sur le fait d’être réellement satisfaite de la vie que je mène. And I’m definitely learning contentment.
Je suis toujours ambitieuse en vrai, mais plus du tout par rapport au travail, à l’école ou à des facteurs extérieurs.
Je suis devenue ambitieuse par rapport à mes projets perso, à mes passions. Je suis dans une phase où j’apprends la patience pour développer correctement mes projets, où j’accepte qu’arriver à ma vision finale prenne du temps, de la patience, de l’intentionnalité.
J’apprends à mieux appréhender ma créativité, à mieux la comprendre, à trouver mon rythme de vie en l’incluant. J’apprends également à réguler mon système nerveux, et surtout ma relation avec les réseaux sociaux, afin de passer plus de temps à créer qu’à consommer.
Je suis en train de m’aligner à ma mission de vie, je cultive la paix, le silence, le fait de ne plus m’expliquer à tout bout de champ.
Mais surtout, je suis enfin réellement fière de moi, de la personne que je suis et de celle que je suis en train de devenir.
Je suis reconnaissante pour ces deux versions de ma personne et je sais que je rencontrerai encore beaucoup de versions de moi-même. Je me souhaite de conserver cette belle énergie que je suis en train de développer et de continuer à m’améliorer en tant que personne, tout en restant fidèle à moi-même.
(And the church says? Amen!)
Et vous ? À quoi ressemblait votre vous de 2016 et en quoi cette version est-elle différente de votre vous actuel ?
Xoxo 💋
Ilénia


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